Repère

Le diagnostic entrepreneurial

Ce qu'un diagnostic sert à faire

Un diagnostic entrepreneurial ne juge pas un projet. Il le situe. Il dit à quel stade il se trouve, quelles décisions y sont déjà posées, lesquelles restent ouvertes, et dans quel ordre les traiter.

La question « est-ce que mon projet est bon ? » n'a pas de réponse utile. La question « qu'est-ce qui, dans ce projet, n'est pas encore décidé, et que coûtera le fait de le laisser ouvert ? » en a une, et elle se vérifie.

Ce qu'il mesure

Le diagnostic porte sur la structure du projet, pas sur la personne. Il regarde ce qui est écrit et ce qui ne l'est pas : la décision de départ et ce sur quoi elle repose, ce qui a été vérifié sur le terrain, ce que le projet a choisi de ne pas faire, d'où vient l'argent, comment les clients arrivent, et ce que l'on regarde chaque semaine pour savoir où l'on en est.

Il ramène ces observations à trois qualités : l'habitabilité du projet pour celui qui le porte, sa viabilité économique, et sa capacité d'absorption — c'est-à-dire l'imprévu qu'il encaisse avant que tout s'arrête.

Ce qu'il rend

Il rend une lecture écrite : le stade où se trouve le projet, les points qui le retiennent, et l'ordre dans lequel les traiter — parce que certains ne peuvent pas l'être avant que d'autres le soient.

Il rend aussi ce qu'il ne faut pas faire tout de suite. Une part du travail consiste à écarter les chantiers qui paraissent urgents et qui ne le sont pas encore, faute d'une décision antérieure. C'est souvent la partie qui fait gagner le plus de temps.

Il ne rend pas un score de personnalité, ni un verdict, ni une promesse. Il ne dit pas si le projet réussira : personne ne peut le dire. Il dit ce qui, aujourd'hui, n'est pas décidé, et ce que cela coûte de le laisser ainsi.

À qui il s'adresse

À qui hésite encore et veut savoir ce qui manque avant de s'engager. Le diagnostic sert alors à rendre visible la décision de départ, ce qu'elle suppose, et le temps que la personne peut réellement y consacrer : c'est une lecture de l'habitabilité avant toute autre chose.

À qui est déjà lancé et sent que le projet avance sans que l'on sache pourquoi il avance ni ce qui le retient. Le diagnostic remet de l'ordre : il distingue ce qui relève d'une règle absente de ce qui relève d'un travail à faire, et il rend à la viabilité son caractère vérifiable.

À qui veut savoir si son activité tient sans lui. C'est une lecture de la capacité d'absorption et du pilotage : ce qui est écrit, ce qui dépend d'une seule personne, ce qui s'arrête si cette personne s'absente.

Ce qu'il n'est pas

Le diagnostic instrumente une lecture. Il ne se substitue pas à l'avis d'un expert-comptable, d'un conseiller juridique ou de tout professionnel qualifié pour les engagements officiels.

Il n'engage aucune suite obligatoire. Ce que l'on en fait appartient à la personne qui porte le projet : c'est la condition même de l'autonomie que l'on cherche à installer.

Faire le diagnostic

Le diagnostic d'EMB Lab existe en plusieurs niveaux de lecture, du plus court au plus complet. Ce que chacun couvre et ce qu'il rend se lit sur la page le diagnostic.

Pour comprendre ce qui vient ensuite — l'ordre des étapes et les conditions pour passer de l'une à l'autre — voyez la méthode, ainsi que la méthode EMB Lab et ce que recouvre la structuration entrepreneuriale.

Des projets qui tiennent.

La liberté entrepreneuriale n'est pas un état d'esprit. C'est un résultat structurel.